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05/09/2017

les grillons chantent la nuit... extrait ( in la chute de la grande roue )

 Jambes contrb&w.jpg
ill. jlmi 2017

 

Dieu que c’est bête

Un homme !

 

Il m’a prise en stop

Dans un parking

De routiers

 

Je suis ton âme

J’ai dit et j’ai coupé

La radio

 

Juste avant l’accident

Il regardait encore

Mes jambes

 

 

13/06/2017

les parutions du printemps....

WL Calder small.jpg

WL grande roue small.jpg

WL vieux poète small.jpg

et le premier recueil spécial jeunesse

de Werner Lambersy illustré par Aude léonard

WL sous marin mall.jpg

 

 

 

 

 

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20/04/2017

vient de paraître...

Ball Trap WLsmall.jpg

l'Âne qui butine

isbn 978-2-919712-14-4

 

Ball-trap lu par  Jean-Claude Bologne

 

           Pull ! Ball trap ! Circulez, il n’y a rien à voir ! » Ainsi se résume la mort d’Angélique, la grand-mère maternelle. « Elle disparut de ma vie comme une cible d’argile explosée en plein vol. » Mais n’est-ce pas l’exercice favori de la Mort, de s’entraîner au tir au pigeon avec des disques d’argile, tout autour de nous, avant de tirer le coup de grâce, le seul qui nous concerne ? Avec l’âge, on la voit de plus en plus experte au maniement de son arme. Les parents, les amis tombent comme éclatent les petits plateaux jetés en l’air sous le fusil du chasseur. Il y a du mémorial dans ce long récit en prose — exercice rare pour le poète — où s’alignent les morts de son histoire. Le grand-père qui meurt en plein milieu de son nom inachevé. La mère enterrée par un ancien amant thanatologue avec son petit chien sacrifié comme jadis les serviteurs des grands. Le beau-père médecin qui prédit paisiblement sa disparition dans les quatre ans. Et Bauchau, Bhattacharya, Zabor, Lamy, et Babette, « qui désormais restera jeune à jamais »...


          Face à l’hécatombe régulière, mais qui accélère son rythme, si l’on ne veut s’abandonner à un désespoir ou une révolte également stériles, il n’y a que l’acceptation de l’inéluctable. Se réveiller en pleine nuit « conscient que tout est comme cela doit, pourvu que je ne m’en mêle pas ; porté par une sorte de Mer Morte où l’on ne peut que flotter ». Il y a alors une jouissance de la beauté pure, « dont l’évidence ne s’appuie sur rien ». Il y a celle qui dort à nos côtés, « qui m’enveloppe du rythme léger de sa respiration ». Comme le résume von Knapheyde, qui anime la collection Xylophage à l’Âne qui butine : « est sujet à l’errement / des plus créatifs de l’inconditionnel / celui qui / entre l’Éros et le Thanatos / croque l’os et son alter ego / in vivo / Ball-trap à prendre ou à aimer. » C’est entre Éros et Thanatos que Werner Lambersy nous entraîne dans un parcours apparemment erratique sur la mer de ses souvenirs. Et l’on ne peut que songer aux Dernières nouvelles d’Ulysse, un de ses recueils les plus accomplis : comme le héros grec errant de Thanatos (Troie) à Éros (Pénélope), comme son avatar irlandais Leopold Bloom, errant de la mort au sexe, au cœur de Dublin, le « je » de ce récit erre dans la mémoire de Werner Lambersy, entre souvenir révolté des disparus (comme Tyll Ulenspiegel, les cendres de Claes battent sans fin sur sa poitrine) et présence émerveillée aux vivants.


          « Devant la mort, j’ai toujours dressé la brutale vérité de la chair, la chaleur des corps. » Les femmes aimées traversent le récit avec le même sans-gêne désordonné que la camarde. N’y cherchons pas une logique dont le monde qui nous entoure n’a que faire. N’y cherchons pas plus un itinéraire construit que dans l’Odyssée. On se laisse ballotter d’image en image, de fulgurances en naufrages, car le poème n’est pas le « gluant papier tue-mouche » qui arrête dans sa course « la guêpe ou l’abeille du beau ». Il faut lui laisser son rythme, son souffle, son vol incohérent, qui pour l’observateur attentif se révèle une danse. À condition qu’il se laisse flotter sur lui comme sur la Mer Morte.


          Un court recueil de poèmes, Je me suis fait un non, est annexé à cette odyssée de la mémoire. Daté d’un voyage vers Malte dans un conteneur, en 2014, il semble à première vue étranger au récit. Mais lui aussi fouille à rebrousse-mémoire « dans le vieux / coffre à jouet du / Temps »...

 

 

00:45 Publié dans Parutions | Lien permanent | Commentaires (0)

29/03/2017

Dieu est de retour !

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Inscription place de la Bourse à Bruxelles, le 24 mars 2016. Photo Aimée Thirion

 

Dieu est de retour !

 

Pas celui dont on ne sait rien sauf qu'il devrait être amour, mais celui qui sert de prétexte aux fanatiques pour dominer par la terreur sur ce qui reste libre et insoumis.

Il n'y a qu'à voir grandir et prospérer en son nom massacres, génocides et violences de toutes sortes où l'on jette dans la mort des populations !

Celui dont nous avons inventé la tutelle, la parole et les décrets vengeurs, ce dieu-là est de retour. Il aime la paix des cimetières, et ses guerriers, gavés de slogans imbéciles, de promesses creuses et abreuvés de haine, en sont les jardiniers enthousiastes.

L'homme est un singe que l'idée d'absolu a rendu fou ! Toute "révélation" est d'abord une idée reçue, son message prêté à un dieu muet dont la prévoyance est de n'écrire jamais dans aucune religion.

La loi divine est devenue une arme sacrée ; ceux qui l'écrivent en demeurent les juges suprêmes, les exécutants sans pitié. Son pouvoir se fonde sur la peur, le remords et l'or !

Aucun dieu proclamé n'aime le partage et ne pas le servir, les yeux fermés et les oreilles bouchées, est trahir et mérite la mort.

Aux terroristes, rampants ou non, des sociétés cotées en bourse, des oligarques divers ou d'un clergé puissant, répond le terrorisme aveugle et brutal des sociétés féodales que menacent la modernité, les sciences et la création artistique.

Jamais pourtant le génie ne fut plus ouvert à tous les possibles, à la grandeur microscopique et universelle de l'être humain. Dont acte.

Que cela plaise ou non, la vie gagne toujours...

 

WL  2016

 

 

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